L'EMPRISE DU VIRTUEL

by - février 07, 2018


Après une dizaine de tentatives durant lesquelles je reste sans inspiration face à cette page blanche, j'ai décidé de sauter enfin le pas. J'ai récemment dressé un constat quand aux réseaux sociaux, qui est surement la conséquence de mon entrée dans le monde du travail et donc, de la vie d'adulte. J'ai toujours aimé les réseaux sociaux mais sans pour autant en être accro. J'aime y aller pour parler avec mes proches, poster des clichés que j'aime prendre du temps à faire. Mais il y a six ans, en 2012, j'ai fait la découverte du réseau qui a le plus bouleversé mon quotidien et c'est surtout autour de celui ci que cet article va tourner ; Instagram.

J'ai découvert ce réseau de manière tout a fait inopinée, je cherchais des applications de retouches photos, et je pensais qu'Instagram était l'un d'entre eux. Donc je retouchais énormément de photos dessus, et les postais, pensant que ça les enregistrait uniquement dans ma galerie photos, et non pas sur un réseau déjà assez fréquenté à l'époque. Quand j'ai réalisé ma boulette j'ai voulu supprimer l'application, et puis je me suis dit "pourquoi pas, ça a l'air sympa". A partir de ce moment là j'ai commencé à poster de manière on ne peut plus spontanée. Mes photos étaient souvent de mauvaise qualité, avec un filtre ultra kitsch. Rien de bien folichon, quoi. Ça m'allait bien durant deux ans. 


Et en 2014, j'ai traversé une période difficile qui m'a éloignée de tous mes amis, je me sentais seule, et j'ai finit par me demander si je n'allais pas trouver en Instagram une sorte d'échappatoire. J'ai donc commencé à faire de plus jolies photos, à y accorder plus de temps, plus d'importance. J'ai commencé à nouer de petits liens avec quelques personnes, je recevais d'adorables commentaires sous mes photos, j'étais heureuse. Sauf que j'ai finit par y passer beaucoup de temps, toujours plus de temps, jusqu'à en oublier totalement les merveilles de la vie réelle. Je me suis oubliée également, dans la foulée. Au fur et à mesure que ma communauté grandissait, ma vie réelle volait en éclats. 

Cette phase là a été le début de la fin, comme on dit. Je passais mes journées et mes soirées sur mon téléphone, j'ai blessé des amis en les délaissant pour privilégier le virtuel, je passais le plus clair de mon temps sur mon téléphone qui était branché h24 de peur de le voir se décharger. J'ai également connu les prises de tête pour des futilités. Jusqu'à ce jour, j'ai testé tous les thèmes différents pour mon Instagram : le rose clair, le blanc épuré, le noir et blanc, le coloré, le saturé et j'en passe. Tous m'ont plu... Pendant quelques temps, et ce avant que je passe à un autre. Cette tendance du "feed" original et harmonieux à prit une place considérable sur Instagram en l'espace de deux ans à peine, et désormais je nous voit de plus en plus nombreux à tout faire pour se démarquer, à tomber dans l'indécision constante. 


Le soucis avec Instagram, c'est qu'avant les gens postaient spontanément, et que désormais ils en sont rendus à ne poster que ce qu'ils veulent que les gens voient. Pourquoi vous ne voyez que des photos de brunchs parisiens, de voyages dans des lieux paradisiaques et des filles au corps quasi irréprochable ? Et pourquoi vous ne voyez pas les repas familiaux du dimanche, les soirées pépère devant la télé, et toutes ces choses qui bercent notre quotidien ? Parce que le but de ce réseau n'est plus le partage, mais l'illusion. Et je suis aussi tombé dans ce piège là. Non pas parce que je me berce d'illusions, mais parce que pendant des mois voire des années j'ai finit par douter de moi, de mon quotidien. A force de voir ces filles partir aux quatre coins du monde, de les voir poster des photos de bonne bouffe et de les voir rester canon, j'ai finit par me trouver de plus en plus grosse, de plus en plus moche et j'avais l'impression que ma vie était terne et merdique à côté de celle de ces filles. 

Et ce problème persiste encore à l'heure actuelle. Je préfère me montrer honnête en avouant que oui, j'envie ces filles au corps parfait pendant que moi je dois faire des efforts drastiques pour n'avoir que le tiers de leur beauté. J'ai finit par trouver du bonheur dans chaque jour passé, et à apprécier mon quotidien pourtant on ne peut plus basique. Mais physiquement je me sens dépassée par tout ça. Et je sais que je ne suis pas seule à faire cette sorte de comparaison avec ces comptes à l'apparence parfaite.

Durant ces deux dernières années il y a un autre effet de mode qui depuis persiste sur Instagram : la course aux abonnés et l'appât du partenariat. Récemment Instagram aurait mis en place un système d’algorithme qui ferait perdre des vues et des abonnés aux gens. Et j'ai été sévèrement alertée en voyant des multitudes de story de gens qui s'en plaignaient, qui pleuraient du fait de ces abonnés perdus. Mais le principe de base d'Instagram n'était pas le partage et le plaisir de partager avant tout ? J'ai l'impression désormais que seul le nombre d'abonnés compte. Et dans quel but ? Décrocher des partenariats. J'ai récemment pu discuter un peu avec la CM d'une marque répandue sur Instagram, qui me racontait qu'elle recevait une quantité impressionnantes de mail par jour venant de la part de nanas la suppliant de bien vouloir leur envoyer des produits gratuits. Mais avant cette erre du partenariats, vos produits chouchous vous les achetiez vous-même non ? Alors oui, j'imagine que c'est une belle opportunité de se voir offrir des produits, mais delà à ne jurer que par cela je ne comprends pas. Postez vos photos pour vous, et non pas pour espérer quelque chose en retour. 

Bien que j'aime tout de même Instagram pour le fait de pouvoir y partager son univers avec passion et pour les belles rencontres que l'on peut y faire, je suis tout de même assez déçue de voir ce que ce réseau devient. Et surtout, de voir la façon dont les gens l'utilisent. Je l'avoue, l'ancien Instagram me manque énormément. Celui sans stories, sans partenariats à outrance, sans ce phénomène post bad. Si vous aussi vous êtes nostalgiques de l'ancien Instagram, je vous invite à me rejoindre sur le hashtag #instacetaitmieuxavant, sur lequel on pourrait se retrouver en petite communauté pour y parler en toute simplicité. 

                                                                   Et vous, que pensez-vous de l'emprise du virtuel ?

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